Le FMI plus optimiste pour le monde, pas pour la France
- Par Fabrice Nodé-Langlois
- Publié
Selon les prévisions du FMI publiées mardi, la croissance mondiale atteindra 3,7% en 2014, soit 0,1% de plus qu'estimé en octobre. La croissance française reste inchangée, à 0,9%, celle du Royaume-Uni est fortement relevée.
Dans ce tableau néanmoins globalement optimiste, la situation de la France se détache. Le FMI n'a pas révisé à la hausse la prévision de l'Hexagone, maintenue à 0,9% pour 2014, chiffre qui correspond à celui retenu par le gouvernement français. Explication d'Olivier Blanchard: «Les incertitudes sur la politique économique pèsent sur la croissance». Un contraste avec la perspective britannique, nettement rehaussée, de 1,8% en octobre à 2,4%. Les économistes du FMI sont également plus optimistes pour les États-Unis (2,8%, en hausse de 0,2%), l'Allemagne (1,6%, soit 0,2% de mieux), l'Espagne (0,6%, soit 0,4% de mieux) ou encore le Japon (1,7%, soit 0,4% de mieux).
S'agissant de la Chine, deuxième économie mondiale, l'organisation de Washington table sur une progression de 7,5% cette année (contre 7,2% estimés en octobre). La Chine comme les autres émergents bénéficieront du regain de vigueur de leurs clients des pays développés.
Une ombre au tableau: la Russie. Le «R» des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) voit sa prévision de croissance 2014 amputée de 1% et ramenée à 2%. La Berd (Banque européenne de reconstruction et développement), qui a également publié ses prévisions ce mardi, table sur une croissance russe, plus élevée, de 2,5%. Sur fond de tension inflationniste et de manque d'investissements, les capitaux ont fui massivement de Russie ces derniers mois.
Globalement estime le conseiller économique de Christine Lagarde, «le poids de l'assainissement des finances publiques s'affaiblit. Le système financier cicatrise lentement. L'incertitude se réduit». Le FMI pointe deux risques pesant toujours sur l'économie mondiale: d'abord la sortie des politiques monétaires accommodantes. L'organisation internationale recommande aux pays avancés, et particulièrement aux États-Unis, de réduire très progressivement leur politique injectant massivement des liquidités dans l'économie. Seconde menace: la déflation (spirale de baisse des prix et des salaires) dans la zone euro.
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